Dans le cadre des coups de cœur de la bibliothèque de Saint-Josse, nous avons eu le plaisir d’accueillir Jacques Hellemans, auteur du livre Les éditions Marabout, Bob Morane et le Québec paru en 2019. Modéré par notre collègue Rony Demaeseneer, ce dialogue a permis de mettre en lumière une histoire éditoriale belge tout à fait singulière : https://www.facebook.com/watch/?v=166733648615467https://www.facebook.com/Bib.Josse
Préfacé par Henri Vernes, qui vient de fêter ses 102 ans, le livre de Jacques Hellemans retrace l’aventure des éditions Marabout lancées dès 1949 par le verviétois André Gérard. Une aventure éditoriale qui est entre autres à l’origine de la naissance du livre de poche, quatre ans avant que ne soit créée la célèbre collection française. L’ouvrage, richement illustré, montre également l’importance qu’a pu jouer l’œuvre d’Henri Vernes dans la diffusion de Marabout à travers le monde littéraire francophone et son exceptionnelle réception au Québec.
Une rencontre passionnante avec Jacques Hellemans, bibliothécaire, chargé de recherches pour les bibliothèques de l’ULB et fin connaisseur du monde de l’édition belge au XIXè siècle.
Jacques Hellemans, Les éditionsMarabout, Bob Morane et le Québec, Québec, Septentrion, 2019, 197 p., ISBN 978-2-89791-061-7
À vivre depuis quelques mois comme des reclus, on en viendrait presque à perdre le nord et dès lors, la notion du voyage. Étourdis, désorientés, nous n’avons, comme seul horizon, que celui de la chambre autour de laquelle nous bombinons. Dans cette attente de nouveaux départs, la lecture du volume-anthologie d’Alain Dantinne ravive l’espoir. Celui non seulement d’envisager reprendre la route, entonner une fois encore le chant des pistes mais plus essentiel peut-être, celui de pouvoir choisir son exil intérieur. Et c’est justement par ce titre que débute la déambulation dans l’œuvre du poète-voyageur Dantinne.
Toute la tension qui anime l’écriture de l’auteur est là, présente dès ce premier recueil[1], dans le titre même du premier poème sobrement intitulé Voyage.
Je suis parti
Pour me retrouver
Seul
N’avoir personne
Venant m’avouer
Je ne sais quoi qui sente l’autre
Seul sur les sentes, sur les sentiers ! Mais très vite, l’écriture s’emballe comme emportée, prise par un courant continu à la recherche d’un autre, croisé sur un quai de gare, dans un bar de Copenhague, au détour d’une ruelle d’Istanbul. Le poète se veut seul face à l’immensité que suggère le départ. Une solitude qui ne se dirait pas, se passerait des mots s’il n’y avait la glaise de ces visages dérobés, plus présents peut-être que les paysages qui défilent, et qui forment le matériau du voyage. Ceux-là qui obligent en quelque sorte le voyageur à devenir poète.
La racine est enfouie
Profondément
Au plus intime du voyageur
Elle transmet la vie
Sève adolescente
La légende amitié
Me poursuit
Istanbul
Autre décor, autre tension entre ce que le poète voit et ce que le voyageur ressent. L’ancrage dans le réel est en quelque sorte intimement lié à la surdité des mots. Dès lors, se pose la question de la place que l’on va leur accorder. Comment ne pas les usurper ?
mon silence impuissance
à voguer dans l’écriture
à trouver ma violence
demain vague où je crierai
je déchirerai
ces textes
Si la langue de Dantinne s’immisce parfois dans les replis de la nostalgie, celle-ci est avant tout à chercher dans l’innocence de l’enfance, un émerveillement, un dépaysement, un espace inviolé que délimiteraient les toponymes lus dans les atlas. Les noms des villes et des fleuves piégés, enfermés quelque part dans l’adolescence et que l’on confronte au réel, à l’âge où l’adulte sait enfin qu’il sera toujours un peu déçu.
Le mot surgit
je l’écris
et voilà que je découvre sons sens intime
pierres et briques s’empilent
un jour de l’an dix mille
s’élèvera
l’immense temple
de mon adolescence
Encore cette immensité des lieux visités, des corps aimés et des souvenirs oubliés d’une enfance que l’on jette en pâture. Et pour à nouveau s’en sortir, pour une nouvelle fois couper l’amarre, user encore, malgré tout, de la crudité, de la violence des mots, pour ne pas s’enliser, pour reprendre la cadence qu’impose la route par tous les temps.
La page où la parole s’ellipse
Et s’envole lentement dans le silence
L’intervalle laissé par l’oiseau de passage
Une colère égorgée toute ma violence
Le plaisir inceste qui raccourcit mon texte
Et s’arrête en coulisse au mot désespoir
Le plaisir inceste qui raccourcit mon texte
Et s’arrête au mot…
Il faut lire Dantinne lentement ! Comme pour freiner le rythme imposé par la force des images et que complètent à merveille les peintures de Jean Morette qui sont autant d’escales dans la traversée rageuse du capitaine Dantinne. L’écriture alors se dévoile, fiévreuse, hargneuse, dense et puissante, irriguant de son sang ce jus pisseux d’outremer.
Alain DANTINNE, Amour quelque part le nom d’un fleuve, Jean Morette (ill.), Billère, L’herbe qui tremble, 2020, 271 p., ISBN 978-2-491462-00-0, 17€
Rony Demaeseneer
[1] L’exil intérieur, H.C. 1979, réédité par L’Arbre à Paroles en 2005
La fermeture de Bib Josse a été prolongée jusqu’au 1er mars 2021.
Continuez à profiter du service « take away » par téléphone ou par mail : commandez, demandez-nous des conseils lecture ou des « colis surprise » pour les enfants. Dix minutes après vous pourrez passer les chercher à la porte. Sonnez! Nous sommes à l’intérieur.
La fermeture des bibliothèques communales (Bib Josse et Bib Joske) a été prolongée jusqu’au 4 janvier 2021. Dans l’attente de vous revoir, continuez à profiter du service take-away et de nos lectures en ligne.
Pourquoi Colors ? C’est une référence aux couleurs du drapeau arc-en-ciel, qui représentent les LGBTQI+ (Lesbiennes, Gays, Bisexuels, Trans, Queers, Intersexes, et tous les autres).
Et pourquoi voulons-nous mettre à l’honneur cette initiative en particulier qui est apparemment l’une parmi (heureusement) tant d’autres? Tout simplement parce qu’en plus d’être complémentaire à notre fonds spécialisé « BTGE – Bibliothèque en tous genres », il s’agit surtout d’un projet issu d’un service public (comme le nôtre d’ailleurs), ce qui apporte de la valeur ajoutée à ce genre d’initiative.
N’hésitez pas à y jeter un coup d’œil : des films, des documentaires, des œuvres primées, des podcasts et d’autres contenus originaux dans un catalogue gratuit, évolutif et passionnant qui racontent « la vie en couleurs et l’amour dans tous les genres ».
Ce message juste pour relancer notre service gratuit de livres numériques pour ceux et celles qui ne connaîtraient pas : Lirtuel.
Si vous en avez besoin, voici un TUTORIEL pour l’utilisation de Lirtuel. Si par contre lire sur un écran… c’est pas pour vous, ou si vous voulez lire aussi « à l’ancienne »… continuez à profiter de notre service » TAKE-AWAY « .
La fermeture des bibliothèques communales (Bib Josse et Bib Joske) a été prolongée jusqu’au 19 novembre. Nous restons à votre disposition avec le service take-away et nos lectures en ligne pour les enfants les mercredis et les samedis. Bon courage à toute le monde! Prenez soin de vous et des autres.
Nous sommes au regret de vous informer que, suite à l’évolution de la situation sanitaire, Bib Josse doit fermer à nouveau ses portes.
Tout service, projet, activité, ou partenariat doit donc être malheureusement suspendu au moins pendant 1 mois et jusqu’à « nouvel ordre ».
Un service de « take away » sera mis en place à partir de demain 29 septembre, sur rendez-vous (bibliotheque@sjtn.brussels / 02 218 82 42) et pendant les heures habituelles de la Bibliothèques.
Vous pourrez continuer à profiter de nos lectures en ligne pour les enfants sur notre page Facebook. Restons connecté.e.s!
L’été est finalement arrivé. Et après cette longue période de confinement, un peu d’animation (en toute sécurité) est la bienvenue ! Voilà pourquoi nous voulons proposer aux enfants des nouvelles activités en juillet et en août :
Tout d’abord, nous voulons remettre en place nos bons instants lectures des samedis ! Ils reprennent donc joyeusement dès cette semaine et nous espérons vous revoir nombreux ! Mais pas trop quand même ! Cette activité, comme toutes les autres, sera limitée à 6 enfants ! Sécurité oblige …
Ensuite, nous vous avons concocté de nouvelles activités spéciales été ! Ce seront 4 dates à ne pas manquer ! Elles prendront place le mercredi, afin de joliment occuper votre soirée ! Cette fois, les inscriptions sont obligatoires et toujours gratuites !
Enfin, nous vous annonçons ici que nous serons présents dans les rues aux côtés de nos amis de GC Ten Noey et Bib Joske, aux dates suivantes : le 11 juillet, le 1er août et le 29 août ! Bib Joske ainsi que Ten Noey y seront présents tous les samedis ! Nous vous invitons à rester connectés sur leurs réseaux aussi!
Et voilà ! Nous espérons que ce petit programme vous plaira ! Restez connectés sur notre Facebook et sur notre Instagram pour les dernières nouvelles.
A tout bientôt ! Et bonnes vacances …
Ps.: Nous serons toujours ouverts aux heures habituelles cet été, excepté les 20 et 21 juillet ainsi que le 15 août.
Un nouveau lecteur, un peu spécial, s’est invité à la Bibliothèque. Il s’agit de Jean-Baptiste Houwaert, poète et dramaturge flamand né en 1533, qui avait construit sa résidence à Saint-Josse.
Malgré le fait que, lors de son inscription, sa date de naissance nous a posé quelques problèmes de logiciel, M. Houwaert a reçu comme toute le monde sa toute nouvelle carte de lecteur et le droit d’emprunter tous les livres qu’il souhaite. Par contre pour l’instant pas d’accès à la salle d’étude ni à la salle informatique…
Le géant, fraîchement restauré (tout comme ses deux comparses : Cudell et Saint-Josse), sera accueilli pendant l’été dans le hall de Bib Josse et Bib Joske.
N’hésitez pas à le saluer en passant. Il est timide, et il ne le fera de lui-même…
Bib Josse reste malheureusement encore fermée. Mais, heureusement, plus pour longtemps : nous travaillons pour que ses portes puissent rouvrir le plus vite possible tout en veillant à ce que ça soit fait dans les meilleures conditions. Et… nous y sommes presque ! Encore un peu de patience…
Service d’impression gratuit pour les étudiants / Mesure dans le cadre du Covid-19
Tu es étudiant.e du supérieur et tu habites à Saint-Josse ? Besoin d’aide pour imprimer tes cours et tes travaux ? Contacte-nous et envoie par mail tes documents et une photo de ta carte d’étudiant : bibliotheque@sjtn.brussels – 02 218 82 42 Un.e bibliothécaire les imprimera pour toi (gratuitement et en noir et blanc) et tu recevras un rendez-vous pour pouvoir les retirer en toute sécurité.
Bon courage à tous les étudiants et à toutes les étudiantes!!
Nous sommes heureux et heureuses de vous proposer à partir de la semaine prochaine un service « take away » sur rendez-vous.
Il faudra surement avoir un peu de patience : les mesures de sécurité nous obligent à des rendez-vous précis et fixés au moins une semaine après votre demande, à un nombre donc réduit des passages, à des colis qui vous attendent à la porte et toute une autre série de petits détails qui font malheureusement désormais partie de nos vies dans cette période, mais qui nous permettent de vous proposer ce service en toute sécurité.
Nous organiserons les rendez-vous les mardis et les jeudis entre 11h et 16h, en alternance avec nos chèr.e.s collègues néerlandophones de Bib Joske. Plus de détails vous seront donnés lors de la prise de contact.
Voilà… une première petite fenêtre ouverte ici à Bib Josse !
Bonjour à toutes et à tous Juste un petit message pour vous dire et pour préciser que malheureusement Bib Josse, comme toute autre bibliothèque, reste encore fermée au public. Nous travaillons à la mise en place de services alternatifs et sur ça vous aurez très (très) bientôt des nouvelles. Promis !
Depuis la fermeture du 14 mars, vous le savez, ici à Bib Josse nous travaillons en alternance et en respectant les normes de sécurité (permanences et télétravail) : nous essayons de rester en contact avec vous en vous proposant des contenus en ligne ; nous avons augmenté l’offre de livres numériques ; nous réfléchissons et nous travaillons à la mise en place de nouveaux services en fonction de l’évolution de la situation et en fonction des différentes phases de déconfinement. Et pour conclure, comme d’habitude nous continuons à actualiser les collections et à réaménager les espaces de votre bibliothèque, afin qu’elle puisse vous accueillir au mieux dès que possible…
Cette semaine décidément n’aura pas épargné la littérature. La nôtre, tant au nord qu’au sud du pays, est en deuil depuis l’annonce du décès de notre second grand Jacques. Jacques De Decker a rejoint ses maîtres. Inlassable arpenteur des confins de la littérature, critique lucide d’une incroyable érudition, romancier, dramaturge, il était, pour nous tous qui nous piquons de littérature, le témoin d’une vie passée à naviguer sur toutes les mers littéraires. La bibliothèque de Saint-Josse-ten-Noode ne pouvait oublier le fabuleux cadeau qu’il nous fit, il y a un peu plus d’un an lors de son dernier déménagement, en nous faisant don d’une partie de sa bibliothèque de théâtre. Il se souvenait en effet de ses débuts dans le monde théâtral et de l’exceptionnelle destinée du théâtre de L’esprit frappeur qui est né à deux pas de la bibliothèque, rue Josaphat. Il le signalait d’ailleurs dans sa préface au récit de cette aventure : « l’éclosion du Théâtre de l’Esprit Frappeur est d’une importance première: c’est là que fut mis à feu ce qui deviendrait le jeune théâtre belge dont les déclinaisons se succéderaient jusqu’en l’an 2000 ». Mille livres environ qui rejoindront donc les collections de la bibliothèque et que nous ne manquerons pas de mettre en valeur dès que possible, en sa mémoire. Toujours à l’écoute des initiatives mettant à l’honneur la littérature, toujours sincère et disponible malgré son agenda débordant, nous avions tissé avec lui une certaine complicité depuis plusieurs années. On se souviendra peut-être de cette merveilleuse soirée ici à la bibliothèque autour de la figure trop oubliée de Raymond Ceuppens, prix Rossel 1982 pour son roman L’été pourri. Jacques ne manquait jamais une occasion de parler des auteurs, des écrivains qu’il avait étudiés, lus ou connus et dont il saluait le travail avec cet enthousiasme des premières lectures. Avec l’humilité qui le caractérisait, sans doute ne parlait-il pas assez de sa propre production de romancier, d’essayiste, de biographe mais en parlant si bien des autres, il nous donnait les clefs pour mieux saisir les enjeux du créateur qu’il était aussi. La période troublée que nous vivons est peut-être le moment de se replonger dans cette œuvre variée et protéiforme (https://www.jacquesdedecker.com/).
Plus personnellement, je me souviens de plusieurs soirées passées en sa compagnie au moment de reprendre sur les rayonnages de ma bibliothèque quelques-uns de ses livres qu’il me dédicaça. La dernière en date, en 2018, lors d’un dîner littéraire que j’animais à la Maison de la Francité autour de son parcours de critique et d’auteur. Un moment inoubliable qui rend compte certainement de l’extrême acuité du lecteur qu’il était et que l’on peut revoir en ligne : https://www.francite.tv/?s=0000&v=2
La littérature belge est en deuil, son meilleur défenseur s’en est allé. Pour le remercier de cet engagement d’une vie, quoi de mieux que de cultiver notre curiosité en nous tournant plus que jamais vers les nouveaux confins de notre littérature.
L’écrivain chilien Luis Sépulveda est mort aujourd’hui à 70 ans en Espagne.
Dans ces jours, à la Bibliothèque, nous ne pourrons pas vous proposer ou mettre en avant ses livres. Donc ici juste un hommage pour cet écrivain engagé, profondément humaniste et écologiste, dont l’œuvre était marquée par l’expérience de l’exil et ses combats pour les droits de l’Homme.
Parmi ses œuvres, aux Éditions Métailié : « Histoire d’une mouette et du chat qui lui apprit à voler », « Le Vieux qui lisait des romans d’amour« , « Le Monde du bout du monde« , « Histoire d’une baleine blanche » …