Oui ! Nous sommes prêts !! Ce mardi 2 juin la réouverture

Bonjour à toutes et à tous,

Bib Josse et Bib Joske rouvrent ses portes ce mardi 2 juin, selon les horaires habituels.

Vous nous avez manqué… et nous sommes finalement heureux et heureuses de vous revoir !!

Ce qui a changé : l’accès sera réglementé, le temps de permanence sera limité, le port du masque vivement souhaité.

Ce qui n’a pas changé : l’envie de vous rencontrer…  

À très bientôt !

PS. : notre service de take away reste en place.

Encore fermés. Mais… on y est presque !

Bonjour à toutes et à tous,

Bib Josse reste malheureusement encore fermée. Mais, heureusement, plus pour longtemps : nous travaillons pour que ses portes puissent rouvrir le plus vite possible tout en veillant à ce que ça soit fait dans les meilleures conditions. Et… nous y sommes presque ! Encore un peu de patience…

Entre-temps profitez encore durant ces quelques jours du service «take away».

Bon début de semaine et à bientôt !

Poésie belge en vrac…

Notre collègue Rony Demaeseneer a été l’invité du @SJTN live de ce jeudi. Vous avez encore la possibilité de revoir ce moment : https://www.facebook.com/114889600159808/videos/561047541497496/ .

Ci-après son texte pour vous accompagner dans cette petite balade poétique. Bon/ne visionnage/écoute/lecture. Et bon dimanche aussi!

La Belgique, tant au nord qu’au sud, est terre de poésie. Depuis les grands symbolistes – Verhaeren, Maeterlinck – le genre a trouvé ses lettres de noblesse et a réussi à s’adapter aux mouvements internes qui ont animé la littérature nationale. Il en est de même des petites maisons d’édition, parfois très confidentielles, qui existent sur le territoire et pour lesquelles on espère vivement que cette période d’incertitude ne soit le chant du cygne. Peu médiatisées, ces structures éditoriales sont pourtant essentielles à la diffusion de cette littérature poétique qui constitue assurément, sur un plan international, une des marques de fabrique de la Belgique littéraire. Un petit tour d’horizon donc pour épingler quelques recueils récents, parus pour la plupart quelques mois avant le confinement.

Parmi ceux-là, le beau premier livre d’une bruxelloise, Anna Ayanoglou, Le fil des traversées, chez Gallimard qui nous entraîne aux confins de l’Europe baltique, avec une musique intérieure très personnelle loin des modes et des artifices.

« Pour ses cours en sommeil / dans son cœur et autour / pour ses maisons aveugles / ses demi-terrains vagues / aux cailloux farineux / le brillant de l’eau noire / dans les caves écroulées / pour ces espaces vacants / pour ce qu’ils sont donnés / et nourrissent les poètes / les pochetrons et les adolescents »

On poursuit avec Karel Logist et son recueil, Un cœur lent, une poésie du quotidien, légèrement décalée où surgit toujours, au détour d’un vers, un brin d’humour et d’incertitude.

« Une étude scientifique / serait en cours / qui tend à démontrer / que la procrastination / est l’une des rares pathologies / qui permettent de vivre plus vieux / plus actif et en meilleure santé / quand on l’interroge / quant à la date de publication / des résultats définitifs de sa future thèse / l’éminent chercheur / se montre plutôt vague »

Avec Benno Barnard, né à Amsterdam mais partageant son temps entre Bruxelles et Londres, la poésie se fait plus âpre, plus violente parfois. Le service de mariage, traduit du néerlandais par Daniel Cunin, dernier livre paru, confirme la voix majeure et la place qu’occupe le poète dans l’espace littéraire européen.

« Bruxelles brûlait de notre rendez-vous / au cœur de la ville tu attendais au soleil / d’une terrasse propre à exciter les sens / Je me dirigeais vers toi / à peine dix minutes / depuis la gare / voyage autour de ma poche / Mais une rue plus loin / au bond de la grande aiguille / des pensées irrationnelles s’emparèrent de moi »

Parmi les images poétiques, les nuages restent l’apanage des poètes qu’ils revisitent à leur façon. Pour Jan Baetens, professeur à l’université de Leuven, avec son livre Autres nuages (2013) comme pour Liliane Schraûwen, le nubile reste sans doute le plus beau moyen d’évasion. Dans Nuages et vestiges (2019), la poétesse ranime encore aussi le souvenir de Bruxelles vivante sous les étoiles.

« Cœur de l’Europe et cœur du monde / c’est à un cœur qu’elle ressemble / même contour même dessin / on vient de loin pour la connaître / des Amériques du Japon / Grand-Place dentelle de pierre / un bel archange la domine / un ange d’or dans le soleil / qui la protège et la défend / là-haut dressé contre le ciel / contre la pluie contre le vent contre le gris »

Et Bruxelles encore sous la plume de Rossano Rosi dans le magnifique recueil Pocket Plan où chaque poème bat son propre tempo, rythmé par le nom d’une artère bruxelloise.

« Voilà. Il sort de chez le bouquiniste, rue du Midi / Pas un regard pour l’azur. Il jubile / Et il jubile. Il heurte une sébile / Pas un regard pour le gymnosophiste / en l’attente de sous, zen, fataliste / Il jubile en ouvrant l’automobile / fier d’avoir viré la bio de Bill / pour dénicher derrière, à l’improviste / ah, ce fouillis ! un Isocrate intact ! / à menu prix ! aux pages non coupées / il jubile, il lâche en silence un pet / de joie tandis qu’il s’installe aux commandes / et qu’il regrette, en mettant le contact / la Correspondance de Sand »

Des styles différents, des visions et des humeurs qui disent la vitalité de cette langue poétique que, souvent, nous envient les voisins français. La poésie dit beaucoup à propos de tout et surtout de rien !

Références des ouvrages cités et de quelques autres :

Rossano Rosi, Pocket Plan, Bruxelles, Les Impressions Nouvelles, 2008.

Werner Lambersy, L’éternité est un battement de cils, Arles, Actes Sud, 2005.

Karel Logist, Un cœur lent, Liège, Tétras Lyre, 2020.

Anna Ayanoglou, Le fil des traversées, Paris, Gallimard, 2019.

Harry Szpilmann, A propos de tout et surtout de rien, Bruxelles, La lettre volée, 2020.

Liliane Schraûwen, Nuages et vestiges, Dinant, Bleu d’encre, 2019.

Benno Barnard, Le service de mariage, Bègles, Le Castor Astral, 2019.

Jan Baetens, Autres nuages, Bruxelles, Les Impressions Nouvelles, 2012.

Rony Demaeseneer

À la Bibliothèque service d’impression gratuit pour les étudiants

Service d’impression gratuit pour les étudiants / Mesure dans le cadre du Covid-19

Tu es étudiant.e du supérieur et tu habites à Saint-Josse ? Besoin d’aide pour imprimer tes cours et tes travaux ? Contacte-nous et envoie par mail tes documents et une photo de ta carte d’étudiant : bibliotheque@sjtn.brussels – 02 218 82 42
Un.e bibliothécaire les imprimera pour toi (gratuitement et en noir et blanc) et tu recevras un rendez-vous pour pouvoir les retirer en toute sécurité.

Bon courage à tous les étudiants et à toutes les étudiantes!!

Des livres à emporter !

Nous sommes heureux et heureuses de vous proposer à partir de la semaine prochaine un service « take away » sur rendez-vous.

Il faudra surement avoir un peu de patience : les mesures de sécurité nous obligent à des rendez-vous précis et fixés au moins une semaine après votre demande, à un nombre donc réduit des passages, à des colis qui vous attendent à la porte et toute une autre série de petits détails qui font malheureusement désormais partie de nos vies dans cette période, mais qui nous permettent de vous proposer ce service en toute sécurité.

Nous organiserons les rendez-vous les mardis et les jeudis entre 11h et 16h, en alternance avec nos chèr.e.s collègues néerlandophones de Bib Joske. Plus de détails vous seront donnés lors de la prise de contact.

Voilà… une première petite fenêtre ouverte ici à Bib Josse ! 

Courage et à bientôt !

Retour sur un coup de cœur …en noir

Nous sommes en 1993. Le monde du polar francophone est régi par la plus célèbre des collections, La série noire de l’éditeur Gallimard fondée en 1945 par Marcel Duhamel. Le genre est à son apogée. Certains des titres publiés dans ces années-là deviendront presque cultes. Leurs auteurs aussi d’ailleurs, on pense à Didier Daeninckx, Romain Slocombe, Thierry Crifo, Thierry Jonquet, Patrick Raynal et tant d’autres. Essentiellement dominée par des auteurs masculins, une femme va pourtant faire une entrée fracassante dans la collection durant cette année. Elle est bruxelloise d’origine bretonne et s’appelle Pascale Fonteneau !

Roman coup de poing, Etats de lame peut être considéré comme un sorte d’ovni dans le milieu des « polardeux ». L’auteure réussit le pari de se jouer avec beaucoup de finesse et d’humour des codes qu’impose ce genre à part entière. Livre singulier à plus d’un titre, il l’est surtout par le point de vue du personnage choisi par Pascale Fonteneau puisque le narrateur n’est autre qu’un …couteau. Un couteau qui raconte sa vie passant des mains de l’Homme sauvage à celles de celui en blouse grise. Les tribulations d’un couteau qui possède une âme et un corps en somme. Le style du livre est incisif, « tranchant ! », et l’histoire fonctionne à merveille. Mais le récit se double aussi d’une lucide enquête sociologique sur le monde comme il tourne dans ces dernières années du siècle. Le pari était audacieux, Pascale Fonteneau l’a relevé avec talent. Un véritable coup de cœur pour moi à l’époque qui me fit aimer le roman noir. Depuis, l’auteure continue de publier régulièrement. Une vingtaine de titres parus dont le dernier en date, un roman policier pour la jeunesse intitulé Carnaval à Bruxelles. Pour vous mettre l’eau à la bouche, je ne résiste pas au plaisir de vous livrer les premières lignes comme sur le fil d’un rasoir, vous comprendrez immédiatement !

« Je suis depuis si longtemps coincé entre une grenade et une kalachnikov que la violence de leurs aciers est devenue la mienne. Au point de me faire perdre la noblesse de mon fil. Et mon identité. Au point de me faire oublier la lumière du jour, et de me laisser surprendre par elle. Au point de m’étonner qu’une main puisse encore se tendre vers moi. Me caresser. M’empoigner fermement. Déjà je suis bien. Qu’il est doux de se laisser aller au creux d’une paume virile et sûre. De s’abandonner. De se faire guider sans retenue, confiant. De sentir les doigts qui vous touchent, vous découvrent, et vous redonnent la vie. Irréel. Le plaisir revient soudain, presque inattendu. La main qui serre, la pression du doigt. Presque l’ivresse. J’essaie d’imaginer ma nouvelle existence. Je devrais dire notre existence. La mienne, et celle de l’homme à qui j’appartiens désormais. L’union forcément immorale d’un maître éphémère et d’un esclave immortel. J’aime l’immortalité, la violence et la mort. Avec les regards apeurés et les gestes de recul, ils font mon existence même. Sans âme, ni sexe. Une lame. Un couteau. Statiques et meurtriers. Il fait à nouveau très noir ! ».

Bibliographie sélective :

Otto, Paris, Gallimard, 1997

La vanité des pions, Paris, Gallimard, 2000

Contretemps, Paris, Le Masque, 2007

Hasbeen, Bruxelles, Aden, 2010

R. Demaeseneer

Nous sommes encore fermés au public

Bonjour à toutes et à tous
Juste un petit message pour vous dire et pour préciser que malheureusement Bib Josse, comme toute autre bibliothèque, reste encore fermée au public.
Nous travaillons à la mise en place de services alternatifs et sur ça vous aurez très (très) bientôt des nouvelles. Promis !

Depuis la fermeture du 14 mars, vous le savez, ici à Bib Josse nous travaillons en alternance et en respectant les normes de sécurité (permanences et télétravail) : nous essayons de rester en contact avec vous en vous proposant des contenus en ligne ; nous avons augmenté l’offre de livres numériques ; nous réfléchissons et nous travaillons à la mise en place de nouveaux services en fonction de l’évolution de la situation et en fonction des différentes phases de déconfinement. Et pour conclure, comme d’habitude nous continuons à actualiser les collections et à réaménager les espaces de votre bibliothèque, afin qu’elle puisse vous accueillir au mieux dès que possible…

Hâte de vous revoir !! D’ici là portez vous bien.

Courage et soyez prudent.e.s dans ces jours !

La littérature, source éternelle d’écriture…

Qu’est-ce qui pousse une jeune femme à écrire, à se lancer dans cette entreprise solitaire et en retrait du monde ? Avec son premier livre, Karen et moi, sorti en 2011, c’est à cette question que l’auteure belge Nathalie Skowronek tente de répondre.

En prenant appui sur sa passion pour l’écrivaine Karen Blixen, auteure danoise de La ferme africaine, dont elle retrace l’itinéraire mouvementé, elle s’interroge sur sa propre destinée. A la biographie qui s’amorce, Nathalie Skowronek mêle ses propres doutes, sentiments, des émotions qui naissent directement du compagnonnage qu’elle entretient depuis de nombreuses années à travers les livres de Karen Blixen. Le tour de force ici réside dans la progression lente et le dosage parfait que l’auteure belge arrive à distiller, passant de la vie de celle qui l’inspire à sa propre interrogation sur l’acte d’écrire, tout cela avec beaucoup de finesse. Le début du livre est dès lors une sorte de préface dans laquelle elle se pose la question de savoir ce qui la pousse à toujours revenir vers l’œuvre de cette auteure danoise. Pourquoi se sent-elle si proche d’elle ?

« Les volumes s’accumulent sur la table de mon bureau. Des éditions courantes, des traductions. Je les classe en piles et corne les pages. Je prends des notes aussi. Dans le tas, il y a un essai en danois sur le père de Karen – je ne lis pas le danois mais il me semble ainsi me rapprocher d’elle -, quelques ouvrages illustrés, puis les romans, les contes et la correspondance. […] Cela fait longtemps que Karen est entrée dans ma vie. J’étais déjà familière de son aventure africaine, de Denys et de Bror, les hommes de sa vie, de son attachement aux animaux, et puis, il y a peu, j’ai ressenti un besoin impérieux de revenir vers elle. Moins pour elle que pour moi, à dire vrai. »

A partir de là, la petite fille solitaire qui entreprend d’écrire va comprendre que ses aspirations enfouies sont en fait celles que décrivent avec subtilité l’œuvre et la vie de Karen Blixen. Serait-elle en somme le double de Karen ? Un premier livre totalement réussi ! Un vrai coup de cœur !

Et la suite me direz-vous ? Jusqu’au dernier ouvrage, La carte des regrets, sorti quelques semaines avant le confinement et qui marque un tournant dans sa production, Nathalie Skowronek explorait surtout une histoire familiale chamboulée notamment par la guerre. Des livres comme autant de fouilles autobiographiques d’une maîtrise parfaite. Une recherche de ces destins singuliers qui ont jalonné son existence. Quatre autres livres depuis celui-ci qui forment comme un cycle. Une auteure belge à suivre assurément !

Bibliographie sélective de Nathalie Skowronek :

Max, en apparence, Paris, Arléa, 2013

La Shoah de M. Durand, Paris, Gallimard, 2015

Un monde sur mesure, Paris, Grasset, 2017

                                                                                                                     R. Demaeseneer

Plaisir de la relecture en compagnie de Raymond Ceuppens

Plaisir de la lecture ! Mais aussi de la relecture. Et quand, à la redécouverte d’un auteur, l’émotion est au rendez-vous, alors on sait que cet auteur fait assurément partie de notre univers littéraire. C’est le cas avec Raymond Ceuppens malheureusement trop oublié.

Et pourtant, avec l’obtention du prix Rossel en 1982 pour L’été pourri (celui vers lequel on semble s’acheminer cette année), Raymond Ceuppens (1936-2002) sort de l’anonymat presque malgré lui. C’est pourtant déjà le troisième livre qu’il publie chez l’éditeur parisien Denoël, ce qui n’est pas rien. Mais l’auteur est discret et cherchera à le rester non par pose mais bien pour préserver une forme de liberté authentique forgée au vent du large. Navigateur solitaire de la littérature belge comme l’écrivait Jacques De Decker à son propos (in Le Soir, Un charpentier des flots, 6/9/2002, article paru au décès de l’écrivain à 66 ans), l’auteur n’a que faire de reconnaissance institutionnelle. Pour preuve ? À la sortie du livre, Ceuppens est invité par Bernard Pivot sur le plateau de l’émission Apostrophes. Il déclinera l’invitation arguant de son incapacité à parler de ce métier d’écrivain qu’il n’a pas choisi et qui au fond « l’emmerde ». Peu importe l’authenticité de l’anecdote ou la véritable raison du refus. L’auteur, né en 1936, est issu d’une famille d’artisans bruxellois dont il tire très tôt sa passion pour la peinture et la photographie. On lui doit d’ailleurs de très belles gravures représentant  des scènes de vie dans les bars et les rues du quartier Matonge à Bruxelles. Mais c’est avant tout l’univers des ports et des marins qui l’attire. Dans un superbe portrait réalisé pour la RTBF en 1983 (en ligne sur le site de la Sonuma en tapant Ceuppens dans le champ de recherche), l’auteur est filmé dans ces décors de canaux qui serviront de toile de fond à ses romans et se livre parfois avec dérision sur l’acte d’écrire: « à choisir entre patron pêcheur et être Graham Greene, je choisis sans hésiter le premier métier ! » Tout est dit ! Après un passage par l’Académie des Beaux-Arts de Bruxelles, Raymond Ceuppens enchaîne les petits boulots mal payés qui le rapprochent des embarcadères. Radoubeur, batelier, ouvrier-charpentier sur des chantiers navals mais aussi journaliste ou photographe, tout est bon pour l’homme qui se sent proche de ces miséreux et marginaux qui peuplent les zones portuaires.  Logiquement, c’est ce « petit peuple » où se côtoient prostituées, marins  à quai, clochards, chômeurs qui nourrira les romans. Des personnages souvent désenchantés, taiseux comme le sont les ouvriers rentrant du labeur, des protagonistes la plupart du temps simples, instinctifs, fragiles, solitaires mais néanmoins unis par une forme de solidarité souterraine et à l’écoute d’une sensibilité qui parfois les dépasse. En somme, des résignés lumineux ! Il y a assurément du Brel dans l’écriture de Ceuppens

Au-delà des intrigues somme toute minces, Raymond Ceuppens s’attache dans son œuvre à camper une atmosphère, celle des canaux où chaque détail est étroitement lié à l’humanité des gens qui y vivent. Une poésie subtile des estuaires et de la grisaille qui estampille la manière de notre contrebandier des lettres.

Extrait de L’été pourri, prix Rossel 1982:

« Le lendemain le vent avait tourné au nord. Le soleil s’était levé en boule rouge au travers d’un brouillard de mauvais temps, puis le ciel avait blanchi comme lors des derniers froids de printemps et la température avait baissé. Dans l’après-midi il s’était mis à pleuvoir et l’espace était redevenu gris et clair comme au début de novembre. L’eau reflétait le ciel presque blanc et, de l’autre côté de la rivière, les arbres feuillus grisaillaient. Sur la rive l’étroite rue qui serpentait entre les briqueteries désaffectées et les anciennes maisons ouvrières était baignée d’une lumière d’été froid, l’eau boueuse des bras des canaux qui s’avançaient de quelques mètres dans les terres ouvrait des lumières presque ensoleillées dans les venelles plongeant vers la rivière. »

Voilà, le décor est planté, les personnages peuvent dès lors exister. Magie de l’écriture. Un auteur à redécouvrir absolument !

Bibliographie sélective :

Un peu plus vers la mer : nouvelles, Bruxelles, Les Carnets du dessert de lune, 2008, 164 p.

À bord de la Magda (rééd.), Bruxelles, Espace Nord, 1998, 208 p.

La puissance du manque : roman-théâtre, Mons, Éd. du Ceriser, 1993, 128 p.

Le bar des tropiques, Paris, Denoël, 1986, 132 p.

L’été pourri, Paris, Denoël, 1982, 243 p.

Rony Demaeseneer

La littérature de père en fille… et bien au-delà

Fille de Jean-Claude Pirotte qui nous a quittés il y a quelques années et qui, sans doute, était l’une des plus grandes plumes de la littérature belge, Emmanuelle Pirotte, historienne de formation, a réussi, en quatre livres, à imposer une écriture personnelle et maîtrisée. Son premier ouvrage, Today we live, publié en 2015, donnait déjà le ton.

D’emblée, la critique lui reconnaît un style original, percutant. Pour preuves, le livre reçoit plusieurs prix dont celui des lycéens et est immédiatement traduit en quinze langues. Avec ce premier livre, l’auteure nous entraîne dans les dernières années de la guerre. L’offensive des Ardennes bat son plein, dernier baroud d’une armée allemande en déroute. Nous suivons la destinée de Renée, enfant juive de 8 ans, qui échappe de peu à une exécution grâce au sursaut d’humanité d’un soldat allemand. Mais Mathias est-il vraiment celui qu’on croit, le sauveur ? Outre le rendu précis des faits historiques, l’auteure excelle sans doute dans les descriptions psychologiques fines et complexes qui rendent compte des zones grises que chaque personnage porte en lui. Ce qui nous frappe également, c’est assurément la cadence soutenue avec laquelle Emmannuelle Pirotte avance dans le récit en distillant avec beaucoup d’ingéniosité souvenirs, impressions et retours en arrière . Un style cinématographique haletant qui n’est pas sans rappeler l’écriture scénaristique qu’elle pratique par ailleurs.

Un succès d’entrée de jeu donc pour cette namuroise qui va nous surprendre avec la publication des trois autres livres. Si la force d’un auteur, en particulier un romancier, est peut être de pouvoir se renouveler, alors Emmanuelle Pirotte est très certainement à placer en tête de liste.

Un second livre en 2016, dans la foulée, De Profundis, (on remarquera le choix d’un titre en latin succédant à celui en anglais), assez différent mais de circonstance puisqu’il s’agit ici d’un roman d’anticipation qui nous projette dans un monde post-apocalyptique touché par un virus destructeur. On suit cette fois le destin de Roxanne qui doit survivre dans une Bruxelles ravagée. Un roman puissant, dérangeant et en quelque sorte anticipatoire qui résonne tout particulièrement aujourd’hui en ces moments troublés. Suivront encore deux livres aux tons très différents même si tous deux sont ancrés dans l’Histoire, Loup et les hommes, récit-fleuve plus ambitieux de 600 pages qui plonge son intrigue dans la cour du roi de France du XVIIe siècle ainsi qu’un roman plus intimiste et très charnel sur fond historique à nouveau, D’innombrables soleils paru en 2019, se déroulant cette fois dans l’Angleterre du XVIe siècle.

On le constate, la palette d’Emmanuelle Pirotte est large, diversifiée mais à chaque fois pleinement maîtrisée. Une auteure de chez nous qui nous surprend à chaque nouvelle publication et dont on attend dès lors avec impatience les prochains opus. Une auteure à suivre et qui mérite pleinement sa place dans nos listes de lecture…A découvrir si ce n’est déjà fait.

R. Demaeseneer

Bibliographie d’Emmanuelle Pirotte

Today we live, Paris, Le Cherche Midi, 2015, 237 p.

De profundis, Paris, Le Cherche Midi, 2016, 285 p. (disponible en livre de poche ou sur le site http://www.lirtuel.be )

Loup et les hommes, Paris, Le Cherche Midi, 2018, 603 p.

D’innombrables soleils, Paris, Le Cherche Midi, 2019, 240 p.

La dernière parade de Jacques De Decker

Cette semaine décidément n’aura pas épargné la littérature. La nôtre, tant au nord qu’au sud du pays, est en deuil depuis l’annonce du décès de notre second grand Jacques. Jacques De Decker a rejoint ses maîtres. Inlassable arpenteur des confins de la littérature, critique lucide d’une incroyable érudition, romancier, dramaturge, il était, pour nous tous qui nous piquons de littérature, le témoin d’une vie passée à naviguer sur toutes les mers littéraires. La bibliothèque de Saint-Josse-ten-Noode ne pouvait oublier le fabuleux cadeau qu’il nous fit, il y a un peu plus d’un an lors de son dernier déménagement, en nous faisant don d’une partie de sa bibliothèque de théâtre. Il se souvenait en effet de ses débuts dans le monde théâtral et de l’exceptionnelle destinée du théâtre de L’esprit frappeur qui est né à deux pas de la bibliothèque, rue Josaphat. Il le signalait d’ailleurs dans sa préface au récit de cette aventure : « l’éclosion du Théâtre de l’Esprit Frappeur est d’une importance première: c’est là que fut mis à feu ce qui deviendrait le jeune théâtre belge dont les déclinaisons se succéderaient jusqu’en l’an 2000 ». Mille livres environ qui rejoindront donc les collections de la bibliothèque et que nous ne manquerons pas de mettre en valeur dès que possible, en sa mémoire. Toujours à l’écoute des initiatives mettant à l’honneur la littérature, toujours sincère et disponible malgré son agenda débordant, nous avions tissé avec lui une certaine complicité depuis plusieurs années. On se souviendra peut-être de cette merveilleuse soirée ici à la bibliothèque autour de la figure trop oubliée de Raymond Ceuppens, prix Rossel 1982 pour son roman L’été pourri. Jacques ne manquait jamais une occasion de parler des auteurs, des écrivains qu’il avait étudiés, lus ou connus et dont il saluait le travail avec cet enthousiasme des premières lectures. Avec l’humilité qui le caractérisait, sans doute ne parlait-il pas assez de sa propre production de romancier, d’essayiste, de biographe mais en parlant si bien des autres, il nous donnait les clefs pour mieux saisir les enjeux du créateur qu’il était aussi. La période troublée que nous vivons est peut-être le moment de se replonger dans cette œuvre variée et protéiforme (https://www.jacquesdedecker.com/).

Plus personnellement, je me souviens de plusieurs soirées passées en sa compagnie au moment de reprendre sur les rayonnages de ma bibliothèque quelques-uns de ses livres qu’il me dédicaça. La dernière en date, en 2018, lors d’un dîner littéraire que j’animais à la Maison de la Francité autour de son parcours de critique et d’auteur. Un moment inoubliable qui rend compte certainement de l’extrême acuité du lecteur qu’il était et que l’on peut revoir en ligne :  https://www.francite.tv/?s=0000&v=2

La littérature belge est en deuil, son meilleur défenseur s’en est allé. Pour le remercier de cet engagement d’une vie, quoi de mieux que de cultiver notre curiosité en nous tournant plus que jamais vers les nouveaux confins de notre littérature.

Salut Jacques et merci !

Rony Demaeseneer

 

In memoriam : Luis Sepúlveda

L’écrivain chilien Luis Sépulveda est mort aujourd’hui à 70 ans en Espagne.

Dans ces jours, à la Bibliothèque, nous ne pourrons pas vous proposer ou mettre en avant ses livres. Donc ici juste un hommage pour cet écrivain engagé, profondément humaniste et écologiste, dont l’œuvre était marquée par l’expérience de l’exil et ses combats pour les droits de l’Homme.

Parmi ses œuvres, aux Éditions Métailié : « Histoire d’une mouette et du chat qui lui apprit à voler », « Le Vieux qui lisait des romans d’amour« , « Le Monde du bout du monde« , « Histoire d’une baleine blanche » …

https://www.livreshebdo.fr/article/lecrivain-chilien-luis-sepulveda-succombe-au-coronavirus

https://www.lemonde.fr/disparitions/article/2020/04/16/atteint-du-covid-19-l-ecrivain-chilien-luis-sepulveda-est-mort_6036787_3382.html

https://www.babelio.com/auteur/Luis-Sepulveda/2141

Des pistes de lecture pour partager nos confins…

En cette période particulièrement troublée, chacun à sa manière tente de réinventer non seulement son quotidien mais aussi les façons d’appréhender son travail. Les bibliothécaires n’y dérogent pas ! En marge des tâches administratives, de rangement, de classement, d’encodage qui leur incombent, il suffit de se balader un peu sur la toile pour se rendre compte des nombreuses et belles initiatives que chaque bibliothèque propose pour amener la lecture au cœur des confins.

En temps normal, ces différentes tâches ne laissent que peu de place à la lecture-plaisir, personnelle, solitaire, méditative. Pour le bibliothécaire, ces moments précieux de lecture constituent donc un pan de ce que désormais on appelle le « télétravail ». Une fois l’orage passé, ces lectures porteront leurs fruits puisqu’elles permettront aux bibliothécaires de mieux conseiller et aiguiller les lecteurs curieux vers de nouvelles contrées, libres qu’ils seront de les arpenter ou non.

La bibliothèque de Saint-Josse-ten-Noode vous tiendra donc au courant de ces pépites d’auteurs belges à découvrir au fil de vos déambulations numériques. Une façon aussi, chers lecteurs, de vous donner de nos nouvelles en attendant de vous revoir prochainement au détour de nos rayons…

Aujourd’hui :

Lorsque l’on apprécie particulièrement l’univers d’un auteur, on est impatient et curieux à l’idée de découvrir son dernier opus. En même temps, on repousse la lecture de peur de le dévorer trop vite ou de devoir attendre la sortie du prochain. Personnellement, Nicolas Marchal, originaire de Namur, fait partie de ceux-là, écrivains qui vous surprennent toujours. Chaque livre vient peaufiner un univers personnel où les surprises narratives voisinent avec la jubilation dans l’écriture. Après Le Grand Cerf publié en 2016 chez le même éditeur, dans la collection Plumes du coq, Les faux Simenon confirme le talent de l’auteur. On retrouve avec beaucoup de plaisir les thèmes chers à Nicolas Marchal. La dilection notamment qui est la sienne pour le livre et l’univers des bibliothèques, pour les figures de libraires, de collectionneurs et de bibliothécaires. Une passion « bibliothéconomique »  certes mais dont il joue avec malice, inventant par exemple une liste d’ouvrages  improbables, quête initiatique pour Serge Floyon, étudiant en lettres vivant au milieu des livres. Pour le jeune homme, l’amour est un leurre, seuls comptent la connaissance et la recherche livresques. Jusqu’au jour où débarque à Liège la belle Pilar, étudiante d’origine portugaise passionnée par Simenon. Et puis, il y a aussi Jean-Luc, clochard céleste qui fume la pipe sur un banc au pied de la montagne de Bueren et qui ressemble étrangement à Simenon.

« On n’a pas tous rencontré le Diable. Pour certains, c’est un billet de mille francs qui s’échappe d’un porte-monnaie de vieille dame et qui tombe à nos pieds alors que la vieille dame n’a rien vu. Pour d’autres, c’est une somptueuse voisine de table qui glisse sa main fine sur votre cuisse tandis qu’elle bavarde avec son époux. Pour d’autres encore, c’est ramasser un clou sur le trottoir, juste à côté de l’orgueilleuse voiture de sport qui s’est garée sur votre emplacement de parking. Combien peuvent dire qu’ils ont rendu le billet, giflé l’impudente, jeté le clou au loin en s’abstenant de rayer discrètement la carrosserie d’un petit trait rageur ?

Serge vient de rencontrer son Diable à lui : un livre inconnu écrit par un auteur oublié… »

Chez Nicolas Marchal, tout est affaire de faux-semblant, il n’est jamais là où on l’attend et c’est ce qui nous plaît. Une succession de chausse-trappes qui embarquent le lecteur dans des aventures rocambolesques. Un roman labyrinthique, une écriture pleine d’humour, de jeu et teintée de poésie. P. G. Wodehouse qui s’inviterait dans un livre de Jorge Luis Borges. L’écriture comme jeu de piste, très cinématographique aussi qui se déploie, se déplie lorsqu’il décrit par exemple un cataclysme ou une course-poursuite à travers les galeries souterraines de Liège.

L’ironie de Nicolas Marchal fait du bien, elle souffle un vent de légèreté et d’érudition jubilatoire et se gausse avec intelligence des poncifs littéraires. C’est réussi, c’est palpitant ! Vite le prochain western du Marchal !

Nicolas MARCHAL, Les faux Simenon, Neufchâteau, Weyrich, (coll. Plumes du Coq), 2019, 235 p., ISBN 978-2-87489-558-6, 15€

A découvrir sur le site de l’éditeur : www.weyrich-edition.be

Rony Demaeseneer

Bibliothécaire

 

Une « Bibliothèque en tous genres » : des livres et des projets pour lutter contre les inégalités et les discriminations

Nous vous proposons de découvrir, dans ces moments de fermeture de la Bibliothèque, certaines de nos ressources et certains de nos services que toute le monde ne connaît pas forcement. Aujourd’hui nous commençons avec un de nos fonds spécialisés qui est désormais notre « marque de fabrique ». Bonne découverte !

Inauguré en 2009 avec l’appui du Service Égalité des Chances de la Commune de Saint-Josse, le fonds « BTGE : Bibliothèque en tous genres » est une collection, riche de plus d’un millier d’ouvrages, abordant principalement les questions liées au genre mais également à la lutte contre toute forme de discrimination. Bib Josse, pionnière dans cette démarche en Région de Bruxelles-Capitale, vous propose ce fonds, représenté tant dans la section adultes que dans la section jeunesse à travers des documentaires et des fictions identifiables par une pastille blanche sur le dos.

Dans un souci de sensibilisation et de promotion d’idées égalitaires, la politique d’acquisition de la bibliothèque écarte autant que possible les ouvrages véhiculant des stéréotypes et privilégie tout-e autrice, auteur ou maison d’édition qui s’engage dans leur déconstruction. L’objectif est de lutter contre les discriminations en promouvant le droit à la différence.

La bibliothèque fait connaître ce fonds lors d’expositions, colloques, débats et heures du conte, en collaboration avec d’autres associations et institutions impliquées dans ces thématiques.

En section jeunesse

Malgré une avancée notable vers l’égalité, la littérature jeunesse véhicule encore trop souvent des représentations stéréotypées du masculin et du féminin dont il est important de s’émanciper. C’est un enjeu d’autant plus grand en section jeunesse que  «  ces représentations, qui permettent aux enfants d’accroître leur expérience de vie sans prendre appui sur un vécu, ne sont pas anodines, car elles sont distillées dans un contexte de confiance et de légitimation, au sein de la famille ou à l’école » . Ces représentations peuvent avoir un impact durable, notamment sur l’idée que filles et garçons se font des rôles sociaux, déjà influencés par la socialisation différenciée selon le genre .

En évitant de véhiculer ces représentations et en donnant accès à des ouvrages qui déconstruisent les stéréotypes, Bib Josse veut élargir le champ des possibles des enfants, indépendamment de leur sexe. Dans ce but, le catalogue de Bib Josse rassemble des ouvrages qui offrent une grande diversité de modèles afin de questionner les représentations du masculin et du féminin dans les récits.

En section jeunesse, la bibliothèque a fait le choix d’« éparpiller » les ouvrages  du fonds « BTGE : Bibliothèque en tous genres » afin d’éviter une stigmatisation de ces livres. Pour les lecteurs et les lectrices, le choix se fait donc spontanément et naturellement. Ils sont néanmoins reconnaissables grâce à une pastille blanche sur le dos. Cela permet aux bibliothécaires et aux bénéficiaires intéressé.e.s de repérer les ouvrages de ce fonds.

Nous utilisons prioritairement ces livres lors des animations récurrentes telles les « Heures du conte », les visites des classes, les activités avec les associations, ou les lectures en langues des signes en collaboration avec la Maison des Sourds.

À titre d’exemple, une petite sélection :

 

En section adultes

Les bibliothèques publiques ont pour mission principale la promotion du livre et de la lecture sous toutes ses formes. Elles doivent favoriser l’accès aux savoirs et aux cultures et faciliter la participation à la vie culturelle, le tout dans une perspective d’éducation permanente et d’émancipation sociale. C’est dans ce contexte que le fonds « BTGE : Bibliothèque en tous genres » prend tout son sens.

Les documentaires présentés en section adultes ont pour but de renseigner les lectrices et les lecteurs sur la réalité de la société qui leur impose ses schémas. Le fonds est destiné tant aux femmes qu’aux hommes, également victimes des préjugés sexistes. « Nous devons libérer la moitié de la race humaine, les femmes, afin qu’elles puissent nous aider à libérer l’autre moitié » (Emmeline Pankhust).

La sélection « BTGE » aborde des sujets aussi divers que l’histoire des femmes et du féminisme, la sexualité, les mariages forcés, les violences conjugales, la monoparentalité, l’homosexualité, la transidentité, mais également le racisme, la multiculturalité, la mixité sociale, les discriminations, les handicaps, etc.

Au contraire de la section jeunesse, les documentaires « BTGE » de la section adulte sont rassemblés et mis en évidence. Les ouvrages de fiction sont quant à eux, dispersés au sein des collections et reconnaissables par la même pastille blanche.

À titre d’exemple, une petite sélection :

 

Bonne découverte (dès que nous rouvrirons nos portes…) de notre sélection !

Et vu qu’on ne vous laisse pas sans des ressources supplémentaires… voici une sélection de podcasts (merci aussi à Emmanuelle…) et de quelque site de référence autour des questions de genre :

Podcasts

https://www.arteradio.com/emission/un_podcast_soi

http://www.nouvellesecoutes.fr/la-poudre/

https://www.franceinter.fr/emissions/la-chronique-decalee-de-giulia-fois

https://www.binge.audio/category/les-couilles-sur-la-table/

https://www.rtbf.be/lapremiere/emissions/detail_tendances-premiere/accueil/article_podcast-dis-moi-oui-la-parole-liberee?id=10379053&programId=11090

http://www.nova.fr/radionova/podcast-dans-le-genre

https://www.generationxx.fr/

http://www.nouvellesecoutes.fr/quoi-de-meuf/

https://player.fm/series/noir-sur-table

https://www.binge.audio/category/kiffetarace/

Websites

https://www.lire-et-ecrire.be/Questions-de-genre

https://www.lire-et-ecrire.be/Questions-de-genre

https://fr.unesco.org/themes/education-egalite-genres/ressources

https://eige.europa.eu/

https://igvm-iefh.belgium.be/fr

https://www.coe.int/fr/web/european-youth-foundation/resources-on-gender

Des idées et des ressources (ou pas…) : à vous de choisir

Bonjour à toutes et à tous (un bonjour par la fenêtre de n/votre bibliothèque…)


Dans cette période de confinement, nous sommes inondés de communications numériques. Nous ne voudrions pas participer à cette overdose sans nous engager à filtrer et à vérifier ce que nous vous proposons, en veillant à que tout ça reste dans le domaine et dans les « prérogatives » de notre métier de bibliothécaires.

À tel propos, et à propos de la culture en général dans ce moment si particulier, nous voudrions partager avec vous (même si ça fait une communication de plus…) une réflexion à contre-courant de Thibaud Croisy, metteur en scène à Paris, qui invite les institutions culturelles à prendre du recul …

Ici, à Bib Josse, nous essayons de prendre du recul et nous essayons aussi de « profiter » de ce moment pour réfléchir à nos dynamiques de travail et en général à notre métier par rapport aux (nouvelles) technologies.

En tout cas, nous continuerons à vous proposer, avec parcimonie, ce qui nous semble intéressant. Sur notre Facebook nous proposons des rendez-vous : à 12h des lectures pour les enfants, à 19h des lectures pour les plus grands, et bientôt quelques propositions aussi pour les adultes. Le but étant surtout  de rester en contact avec vous qui êtes nos chères lectrices et nos chers lecteurs ou, dans le jargon professionnel, nos chers usagers (vous nous manquez…).

Ici enfin, donc, les liens vers quelques ressources (pour les adultes et pour les enfants), dont certaines que nos amis et collègues de la Bibliothèque d’Ixelles, ou de Bibliothèques Sans Frontières ont récolté ces derniers jours.

Take care et à bientôt !

Nous racontons des histoires pour les enfants… en ligne

Bonjour à toutes et à tous,
Nous continuons à travailler en interne, en équipe réduite, en alternance de télétravail et dans le respect des consignes de sécurité. Nous enregistrons des capsules vidéo pour essayer de vous proposer chaque jour à 12h des lectures pour les enfants.

https://www.facebook.com/pg/Bib.Josse/posts/?ref=page_internal

Nous pouvons rester ainsi en contact.
Nos rencontres habituelles nous manquent et vous nous manquez aussi !

Take care !! À bientôt

Pour l’instant… des lectures numériques…

Bonjour à toutes et à tous,

Dans ces moments de fermeture de la bibliothèque, nous profitons pour vous rappeler notre service gratuit de livres numériques : Lirtuel (http://www.lirtuel.be/).

Inscrivez-vous sur le site et profitez de ce type de lecture (au moins dans l’attente…).

Voici également une sélection de sites qui proposent des lectures numériques :

http://www.lettresnumeriques.be/2018/03/16/ou-telecharger-un-ebook-gratuit-les-bibliotheques-numeriques-en-ligne/

https://www.bnf.fr/fr/bnf-collection-ebooks

http://www.livrespourtous.com/

Pour les enfants :

http://ebookids.com/fr/livres-enfants/fr-Francais/

https://www.lasouris-web.org/lasouris/livre-numerique.html

https://www.lasourisquiraconte.com/3-les-histoires

https://pasapas.editions-hatier.fr/lecture/

http://expositions.bnf.fr/livres-enfants/

«Si tu ne sais pas venir aux livres, les livres viendront à toi» (bibliothécaire anonyme…)

Au plaisir de vous revoir le plus vite possible à la bibliothèque !

D’ici là prenez soin de vous.

Cordialement

Bib Josse et Bib Joske ferment au public jusqu’au 3 avril

Bonjour à toutes et à tous,

Comme vous pouvez l’imaginer Bib Josse et Bib Joske doivent fermer au public, et ce jusqu’au 3 avril inclus, suite aux mesures gouvernementales pour lutter contre l’expansion du COVID-19.

Si vous désirez rapporter vos livres, vous pouvez le faire via la boîte aux lettres de la bibliothèque. Mais nous vous encourageons à éviter les déplacements inutiles et à garder les livres chez vous: évidemment aucun retard ne vous sera réclamé pour cette période.

Restons en contact, pour l’instant, via notre Facebook, Instagram ou notre site Internet. Nous vous attendons avec impatience dès que sera possible !!

« Si tu veux aller vite, marche seul. Mais si tu veux aller loin, marchons ensemble » (proverbe africain)